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La forêt de Miyori
- De Nizô Yamamoto, Oda Hideji
- DVD Zone 2. Pal . Paru en 9 avril 2009
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La forêt de Miyori
Miyori se voit abandonnée par ses parents, elle va donc emménager à la campagne chez ses grands parents. Là bas, loin de s’ennuyer, elle découvre qu’elle peut communiquer avec les esprits de la forêt, puisqu’elle est leur nouvelle reine, après que sa grand-mère ait tenu ce rôle à hautes responsabilités : protéger la forêt. Ce monde, invisible pour les yeux de tous, n’appartient alors plus qu’à la jeune fille, qui va tout faire pour le protéger. Même lorsque des envahisseurs débarquent avec un projet de barrage qui décimerait la plaine … Voilà le résumé que l’on peut, à peu de choses près, trouver au dos de la boîte du DVD. Mais pour s’attarder un peu sur l’histoire de la jeune fille, détaillons tout ça. La situation de départ, ou comment résumer le film : Miyori, une petite fille, est laissée sans surveillance aux côtés d’un chien. Mais la petite, avec des gênes d’exploratrice et d’aventurière qu’elle ne tient certainement pas de sa mère, part à la conquête de la forêt. Tout le monde s’affole, jusqu’à ce qu’on la retrouve en haut d’un arbre après qu’elle ait sagement discuté avec un ourson qui se transforme tour à tour en un grizzli géant suivi de la représentation bien plus inoffensive d’un esprit de ce lieu. Normal. Et Kuro (le chien) change de couleur sous l’effet de la peur. Normal. Personne ne voit de problème à tout cela ? Continuons sur le déroulement de l’histoire en elle-même. Quelques années plus tard, Miyori reviens donc sur ce lieu de son enfance, conduite par un père qui l’y abandonne (pourquoi ? Bonne question !). Elle sympathise avec les esprits et sauve par deux fois la forêt. On distingue en effet plusieurs phases dans le film, toutes en rapport avec l’environnement et la protection de celui-ci. Tout d’abord, Miyori va combattre le fantôme d’une suicidée qui attaquait tous les hommes croisant sa route au bord de la source. Une fois cet épisode terminé, on prie pour la fin du film … Mais évidemment, il faut un peu plus de spectacle. Miyori va alors sauver la forêt d’exploitants venus construire un barrage. D’abord en cherchant des aigles d’une espèce protégée, puis en faisant fuir d’elle-même les vilains méchants pas beaux qui auront peur des esprits. Un peu facile, la victoire gentillette d’un combat trop long et peu intéressant.
Bon, une fois l’idée de base installée, voyons ce qu’il en est des personnages … définitivement trop naïfs et stéréotypés. Miyori est la pré-adolescente rebelle qui n’est pas aimée de ses parents et le leur rend bien, qui s’exile à la compagne contre son gré … Et qui finit par la défendre de toutes ses forces, après s’être fait rejetée puis acceptée par divers camarades de classe. Miyori est la fille typique de la ville qui va accepter la campagne en deux temps trois mouvements, après quelques râleries pour la forme. On ne croit d’ailleurs pas du tout au portable jeté dans la rivière (quelle habitante de Tokyo ferait ça à son âge ?). Le problème principal est que les protagonistes ne sont en aucun cas « réels » et touchants : les humains sont trop simplets (tout gentil ou au contraire provoquant), mais surtout se mettent dans des situations qui ne leur correspondent pas. Si l’on accepte l’idée que des gosses puissent sauver leur forêt (après tout, c’est une copie du rêve Miyazakien), la logique des personnages est brisée quand des gamines de 7 ans maximum emploient sans hésitation l’expression « regard furibond ». A 8 ans. Habitant la campagne profonde du Japon. Ben voyons ! Non, il n’y a pas à dire, que ce soit Miyori ou ses camarades, aucun d’eux ne convainc, que ce soit dans la lutte écologique naïve et idéalisée ou leurs attitudes.
Pour en finir sur les personnages, notons que là où la copie est moins bonne que l’originale est évidemment sur le caractère manichéen du film. Les méchants qui construisent un barrage (sur un coup de tête sans que les habitants soient au courant avant ? On a des doutes) sont véritablement méchants, avec leurs fusils, tandis que les enfants sont tous gentils et bienfaisants … Yeurk, dur à avaler tout cela. Beaucoup trop limité. De tous ces personnages, absolument aucun ne ressort, ce qui nous empêche de ressentir leurs émotions … Explication probable à l’ennui conséquent que procure le visionnage du film. Où sont passés la tristesse, la peur, l’angoisse, la joie et le soulagement ? Même les esprits de la forêt ne sont pas assez présents et près de nous pour faire passer la moindre émotion. On remarquera d’ailleurs que la divinité du vent n’est pas très présente dans le film, si ce n’est qu’à la fin, plus deux trois apparitions au tout début. En somme, aucun crédit n’est accordé aux esprits de la forêt, qui n’ont pas la profondeur qui se mêle à l’insouciance, chez Miyazaki. Ce n’est ici qu’une pâle copie de chefs d’œuvres. Même thème, même figurants, mais pour un rendu bien moins bon, absolument pas comparable. Le réalisateur a beau avoir été décorateur chez Ghibli et avoir travaillé avec le maître, il n’est ici question que d’un film qui n’égale pas Miyazaki mais qui le copie honteusement et sans aucune originalité. La réalisation est à l’image même, mais moins bonne, de celle du prolifique réalisateur nippon.
Finissons-en avec cette réalisation sur ce qui devrait soutenir le scénario inconsistant : les graphismes et l’animation en général. Les premiers n’ont rien de transcendants, et mis à part les décors assez agréables à l’œil, on en retient surtout des défauts. Comme Kuro, le chien, qui parait avoir des lunettes de soleil à la place des yeux. Les humains sont globalement normaux, mis à part leurs expressions assez mal rendues (certains visages de Miyori ne sont pas adaptés), et on peut citer pour faire la transition entre un monde et l’autre, que le fantôme de la femme près de la source est particulièrement mal fait lorsqu’elle se met en colère. Enfin, les esprits ne sont pas travaillés, juste originaux. Mais une originalité qui n’apporte rien d’autre qu’un sentiment de grosse farce : ils sont simplement enfantins, et pas profondément typés et nuancés comme dans Chihiro ou Mononoké. Les fonds ont beau être parfois esthétiques, ils peuvent se révéler particulièrement faciles et décevants. Notamment quand Miyori rêve de l’animal par lequel elle aimerait se faire dévorer auprès du cerisier : les grands traits de couleurs vives sont particulièrement hideux. Sur l’animation, on ne peut pas non plus dire que du bien. Elle est assez inégale, parfois satisfaisante ou alors complètement ratée, comme dans certains plans fixes où seul un détail bouge, sans apporter la moindre crédibilité à l’ensemble. Les dernières reproches iront sur l’édition, qui n’offre qu’une bande annonce en guise de bonus, et qui propose des voix particulièrement dérangeantes. En VO, cela passe encore à peu près (et encore, la grand-mère a un timbre étrange), mais la VF est catastrophique ! Les doubleurs n’ont, semble-t-il, aucune motivation ou énergie, et la même voix de grand-mère est à se rouler par terre de rire, si l’on n’y prête une oreille attentive. C’est sans doute, avec les musiques qui ne soutiennent pas ce conte, l’ultime barrage qui empêche de découvrir un univers du folklore japonais, par un scénario très classique qui ne pourrait être sublimé que par le génie du réalisateur … qu’on ne trouve absolument pas ici. Un film à éviter. Utile peut être dans l’éveil des enfants à l’écologie, mais franchement, on n’y trouve absolument aucune réelle profondeur.
Contenu du DVD : La forêt de Miyori
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Fiche détaillée : La forêt de Miyori
| Titre original | Miyori no mori |
|---|---|
| réalisateur (s) | Nizô Yamamoto |
| Auteur | Oda Hideji |
| Genre | Japanimation |
| Editeur | |
| Langue 1, Encodage 1 | français, Dolby digital 5.1 |
| Langue 2, Encodage 2 | japonais, Dolby digital 5.1 |
| Sous-titrage 1 | français |
| Format image | 4/3 format respecté 1.85 |
| Qualité | Pal |
| Durée (mn) | |
| couleur/noir blanc | couleur |
| Stéréo / Mono | stéréo |
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